ICO – Levée de fonds en cryptomonnaie, avenir du financement de l’innovation ?

ICO : Levée de fonds en cryptomonnaie, avenir du financement de l’innovation ?

Dans leur nécessité de parvenir à lever de fonds pour soutenir leur développement, les entreprises et plus particulièrement les startups ont certainement trouvé une nouvelle voie performante : la cryptomonnaie. Cette monnaie électronique connait un succès foudroyant à tel point qu’elle paraît s’imposer comme l’avenir du financement de l’innovation. ICO signifie Initial Coin Offering.

La cryptomonnaie, l’alternative au financement classique

La cryptomonnaie est une monnaie électronique issue d’un réseau informatique peer-to-peer. Elle fonctionne selon le principe de la cryptographie afin de valider les transactions.

Une levée de fonds en cryptomonnaie consiste pour une startup – ou une entreprise en recherche de fonds pour doper ses efforts en innovation – à émettre des jetons échangeables en monnaie virtuelle (des « tokens »), tels que les fameux Bitcoins ou Ether. L’entreprise émet directement des actifs numériques sans avoir besoin de passer par le circuit traditionnel du financement bancaire. Une technique qui met en relation directe un porteur de projet avec un pool d’investisseurs. Une sorte de crowdfunding 2.0, puisque totalement en dehors des circuits de financement classiques.

Les avantages des levées de fonds en cryptomonnaie sont la rapidité et la souplesse qu’elles supposent. De la rapidité car les sommes récoltées le sont dans un laps de temps des plus courts, de quelques heures à quelques jours voire semaines à peine. Et de la souplesse car une entrée en Bourse est longue mais aussi coûteuse en frais d’avocat et frais bancaires notamment. Idem pour les levées de fonds via des sociétés de capital-risque auprès de qui les gérants des startups doivent pitcher sans fin leurs projets et s’engager à générer des bénéfices souvent colossaux.

Grâce à cette nouvelle voie de financement, l’entreprise gonfle ses fonds propres et l’investisseur bénéficie de droits d’utilisation du service en cours de développement. Une technique qui diffère donc totalement du capital-risque dans la mesure où l’investisseur ne détient pas de parts de capital ni de créances sur les résultats futurs. Plusieurs plateformes d’échange de monnaies virtuelles donnent par ailleurs la possibilité de trader les jetons acquis, 7j/7 et 24h/24. Et ce sans qu’aucun organe de régulation n’intervienne.

Un phénomène en pleine explosion

Les levées de fonds en cryptomonnaie sont finalement récentes puisque la première remonte à 2013 seulement. Mais quatre années plus tard, le phénomène est en pleine explosion. Depuis janvier 2017 plus de 140 levées de fonds de ce type ont été enregistrées. Résultat : des entreprises en phase de développement ont réussi à lever, et souvent en quelques minutes, plusieurs millions de dollars, sur un marché total qui pèse déjà 2 milliards.

La dernière startup française en date à s’y essayer est DomRaider, spécialisée dans la récupération de noms de domaine de sites web expirés en vue de leur revente aux enchères. La jeune pousse a mis à la vente en ligne 350 millions de jetons au prix de 0,10 euros l’unité. Avant elle, la startup lyonnaise iEx était déjà parvenue à boucler une opération similaire en Bitcoins en quelques heures seulement pour un montant de 12 millions de dollars.

Reste que si la cryptomonnaie apparaît vraiment séduisante sur le papier, l’opération demeure néanmoins très risquée selon certains spécialistes. En Grande-Bretagne, le régulateur Financial Conduct Authority avertit sur le manque actuel de réglementation, sur le risque de possibles fraudes et de forte volatilité des prix.

La levée de fonds en cryptomonnaie est donc une voie de financement d’avenir, rapide et performante mais qui demeure risquée.

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